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Le délicat dépistage des dépressions liées au travail

La 7e journée européenne de la dépression est aujourd’hui consacrée au thème « Dépression et travail ». Aucune profession ne semble à l’abri, à commencer par la médecine générale.Dépression et travail, c’est le thème retenu cette année pour la journée européenne de la dépression par l’Association France-Dépression qui organise aujourd’hui dans plusieurs villes des conférences et animations sur cette thématique à deux facettes. « Il s’agit à la fois de faire savoir comment la pathologie dépressive peut affecter le travail et de se demander si le travail en lui-même peut être dépressogène », explique le Dr Frédéric Raffaitin, pschiatre à Paris et intervenant de l’une des conférences parisiennes.Une thématique qui concerne le médecin généraliste à double titre, comme soignant bien sûr mais aussi comme patient confronté au burn out. « Ce sont des praticiens en situation d’acharnement professionnel. Ils sont dans la dénégation de leurs symptômes, alors même que très souvent ils s’automédiquent pour ces symptômes », raconte le Dr Raffaitin. .Sensation de fatigue permanente, troubles digestifs, céphalées, sentiment d’épuisement psychique avec anxiété, baisse de l’estime de soi, trouble de l’attention et/ou de mémoire sont de signes qui doivent alerter. « Il faut consulter un spécialiste, insiste le Dr Raffaitin, pas occulter le problème en se prescrivant soi-même un petit antidépresseur pour que ça passe ».Moins tabou mais tout aussi délicat, le dépistage chez ses patients de ces dépressions liées au travail. Et il y a là, comme souvent en médecine générale, la consultation idéale et la réalité de l’exercice au quotidien. Dans l’idéal, le médecin généraliste ne peut se contenter de la simple question « Et au travail, ça va ? » brièvement abordée en fin de consultation. « Il faut creuser, explorer la manière dont les patients vivent leur situation professionnelle. Cela passe par des questions sur la précarité de leur statut, leurs relations avec leur hiérarchie et leurs collègues, l’évolution de leur charge de travail, une mutation récente ... » énumère le Dr Raffaitin, psychiatre à Paris. Deux éléments doivent faire penser à une situation de souffrance au travail : l’évocation d’un sentiment de peur dans son activité professionnelle et la plainte de manque de reconnaissance du travail accompli. « Cette non-reconnaissance peut être à l’origine d’un sentiment d’auto-dévalorisation qui peut être déterminant dans les évolutions dépressives », précise Frédéric Raffaitin. Si se surajoutent à cette souffrance professionnelle une tristesse, des troubles du sommeil, de la sexualité et/ou de l’alimentation, une sensation de fatigue permanente et que l’apparition de ces signes marquent une rupture par rapport à un état antérieur, on peut parler de dépression liée au travail. « Le problème, c’est que ce sont des consultations longues, reconnaît d’emblée le Dr Raffaitin, donc il ne faut pas hésiter à travailler de concert avec le médecin du travail et un confrère spécialiste ».Mais ce n’est pas seulement en terme de durée de consultation que le dépistage de ces dépressions pose problème en médecine générale. « Si le médecin généraliste a face à lui un patient qui consulte pour une angine ou un autre motif précis, l’interroger sur son travail n’est pas forcément évident », souligne le Dr Marc Willard, psychiatre à Strasbourg. Pas question pour autant que les médecins généralistes se privent de la question « est-ce que ça va au travail ? ». « Ce type de question ouverte est toujours contributif. Même si sur le moment le patient ne répond pas forcément, il est amené à s’interroger sur le sujet et cela peut le pousser à aborder ses difficultés lors d’une consultation suivante », indique le Dr Willard.Cependant pour ce psychiatre, c’est à la médecine du travail que revient en premier lieu ce dépistage. « Comme la pesée ou la prise de tension, il faudrait une recherche systématique de la dépression lors des consultations en médecine du travail, avec l’auto-questionnaire de Beck et l’échelle de Hamilton », propose le Dr Willard. Ainsi en cas de résultats évoquant un état dépressif à confirmer, le médecin du travail conseillerait au patient une consultation chez son généraliste, cette fois-ci dédiée à ses difficultés professionnelles. « Le repérage serait fait en médecine du travail et ne resterait au médecin généraliste qu’à faire son métier, prendre en charge la dépression de son patient, avec un spécialiste si nécessaire. » En somme, l’idéal ...

Afsané SABOUHI

Le Syndrome de Surmenage

L’homme moderne est soumis à de multiples stimulations. Ces stimulations peuvent devenir, au gré des évènements et de la personnalité de chacun, des facteurs de stress. Qu’il s’agisse du milieu professionnel, familial, ou personnel, ces facteurs peuvent devenir trop nombreux, trop graves et dépasser les capacités adaptives du sujet. Cela aboutit alors à une situation de surmenage.

En 1980, un psychanalyste américain, Herbert J. Freudenberger, sortait un livre sur un phénomène d'épuisement professionnel qu'il nomma burn-out. Ceci en référence à un "incendie intérieur" : comme pour un immeuble dans lequel le feu aurait pris, il peut laisser les gens vidés intérieurement mais d'apparence intacts… Fatigué(e), découragé(e), démotivé(e)… tout n'est plus aussi rose au bureau et vous avez du mal à vous lever chaque matin.

La définition de l’épuisement professionnel, ou burnout, la plus utilisée est celle formulée par Christina Maslach, professeur de psychologie sociale à l’université de Berkeley en Californie. Elle est à l’origine de l’instrument psychométrique le plus largement utilisé pour évaluer le burnout : le Maslach Burnout Inventory ou MBI.

Les facteurs de burnout semblent bien identifiés, mais leur multiplicité et leur interdépendance ne permettent pas d’établir des relations causales.

Ces facteurs peuvent être regroupés en trois catégories.La première catégorie concerne la charge de travail, et plus particulièrement, les exigences qualitatives et quantitatives spécifiques de la tâche (la nature et la fréquence des sollicitations, la durée de travail…).

La deuxième catégorie comprend les contraintes d’ordre organisationnel et les relations interprofessionnelles : le manque de soutien et l’excès de travail administratif, des salaires faibles, de grandes responsabilités sans les moyens nécessaires pour les assumer, sont des facteurs identifiés de burnout élevé.

La troisième catégorie regroupe certaines caractéristiques individuelles. Un névrosisme élevé, ainsi que des stratégies de coping centrées sur l’émotion plutôt que sur le problème ont notamment été mis en lien avec des niveaux élevés de burnout.

Le B.O.S. survient de façon insidieuse sur des mois, voire des années, dans un contexte de tension permanente et chez des sujets prédisposés par certaines caractéristiques de le personnalité. Il s’agit le plus souvent de sujets perfectionnistes et anxieux, désireux de répondre aux attentes d’autrui et s’impliquant de façon excessive dans leur travail du fait d’une conscience professionnelle trop poussée. Abnégation, altruisme et sur-moi fort, conjugués à des situations à potentiel anxiogène majeur et gérées seul, chez un sujet négligeant se propre souffrance constituent souvent des facteurs prédisposants.

Certains aspects de la personnalité peuvent parfois "prédisposer" au burn-out : une plus forte propension à l'anxiété ; une conscience professionnelle trop poussée ; le perfectionnisme ; le désir de plaire ; l'incapacité à déléguer… Certaines professions du milieu médical, de l'enseignement ou du social entre-autres, semblent plus exposées

Le burnout est caractérisé par trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation ou cynisme, et la diminution de l’efficacité professionnelle.

L’épuisement émotionnel a le rôle central et s’accompagne de l’appauvrissement des ressources du sujet, qui est vidé, a perdu tout entrain, n’est plus motivée par son travail qui devient une corvée.

Le cynisme s’accompagne par des attitudes détachées, négatives, cyniques envers les personnes rencontrées dans le contexte de travail.

La diminution de l’efficacité professionnelle se caractérise par un sentiment d’incompétence professionnelle et de manque de réalisation personnelle dans le travail.

Le B.O.S. est le plus souvent diagnostiqué au stade de ses répercussions tardives : fatigue ne cédant pas après un repos, démotivation au travail, baisse de l’estime de soi avec sentiment d’incompétence et baisse du rendement, modification du caractère, troubles du sommeil, troubles psychosomatiques. A l’extrême la situation aboutit à la constitution d’un véritable syndrome dépressif.

Les victimes de cette maladie vont s'épuiser mentalement et physiquement en essayant d'atteindre des objectifs irréalisables ou d'accomplir des tâches insurmontables. Le burn-out semble souvent survenir tout d'un coup, pourtant il est le résultat d'un processus lent, d'une tension continue durant de longs mois ou années jusqu'à l'épuisement.

Personne n'est à l'abri de ce syndrome. Et pour cause, la pression est de plus en plus forte, les exigences de plus en plus poussées et le risque de se retrouver sans travail bien réel. .

Les symptômes du burn-out sont nombreux. Le premier, et le plus facilement identifiable, est une fatigue continue, accompagnée d'épuisement mental, de déprime, de démotivation… Une baisse de l'estime de soi, un sentiment d'incompétence… mais aussi l'irritabilité ne sont pas à négliger. Attention des troubles psychosomatiques peuvent s'installer (maux de tête, de dos…) et les arrêts de travail se multiplier. Si les choses continuent ainsi, c'est la dépression qui guette…

Plusieurs signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille, notamment s'ils sont présents depuis quelque temps :

  • Vous vous fatiguez plus facilement et avez souvent des difficultés pour vous lever le matin.
  • Vous travaillez de plus en plus alors que votre rendement diminue constamment ;
  • Vous avez l'impression que vos efforts sont rarement remarqués ;
  • Vous avez une attitude plus désabusée ;
  • Vous oubliez parfois vos rendez-vous ;
  • Vous êtes plus irritable ;
  • Vous voyez de moins en moins votre famille et vos amis intimes.

Mais bien sûr ces signes ne sont ni nécessaires, ni suffisants pour déclarer que vous souffrez de burn-out. En fait les manifestations de ce trouble varient grandement d'un individu à l'autre.

Les actions centrées sur l’environnement de travail ont pour but la réduction des stresseurs à la source. Ces actions peuvent être une augmentation du nombre du personnel, une répartition des tâches, le développement d’un soutien de la part de collègues plus expérimentés, l’amélioration d’une supervision, ou la création d’un groupe de parole. Les actions centrées sur l’individu ont pour but d’améliorer les capacités d’adaptation de l’individu. Des techniques de relaxation, de gestion du temps, et de remédiation cognitive ont été décrites, ainsi bien entendu que différents types de psychothérapie (analytique et cognitive et comportementale surtout). La pratique d’un sport est conseillée par certains auteurs.

A ce jour, il n’existe pas d’interventions validées spécifiquement pour prévenir ou traiter le burnout.